Les signaux d'apaisement (prévention des morsures)

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Quelques exemples de signaux d’apaisement utilisés entre chiens ou en interaction avec un humain :

Le bâillement (accompagné parfois d’étirement) : le chien peut se mettre à bailler et éventuellement s’étirer 
• lorsque quelqu’un se penche au dessus de lui, 
• lorsqu’il a l’impression que son maître est en colère, 
• lorsque les cris et disputent raisonnent dans la maison, 
• lorsqu’il est dans la salle d’attente du vétérinaire et qu’il est inquiet, 
• lorsque quelqu’un marche directement sur lui, 
• lorsque son propriétaire lui demande de faire quelque chose qu’il n’a pas envie de faire 
• lorsque la séance d’éducation dure trop longtemps, 
• lorsque vous lui interdisez de faire quelque chose, 
• lorsqu’il essaie de calmer un autre chien (ou un humain) qui s' approche et dont il ne connaît pas les intentions.
• mais aussi lorsqu’il est excité, impatient et joyeux (au moment de prendre son collier et sa laisse pour l’emmener en promenade par exemple)….

 

Détourner la tête, le regard, le corps tout entier : le chien peut simplement tourner la tête de côté ou se retourner complètement de façon à présenter son postérieur. Ce signal est très fréquemment utilisé chez la majorité des chiens, comme le bâillement et l’étirement. Quand quelqu’un s’approche du chien de face, quand ce quelqu’un (ou vous même) lui paraissez inquiétant ou agressif, quand vous voulez le gronder, quand vous faites des séances d’exercices trop longues, quand il est surpris (il va alors se retourner vivement).


Entre deux chiens, ce signal est très efficace : il va calmer l’autre. C’est donc un bon moyen d’éviter les conflits.


Ce signal peut être utilisé lorsque quelqu’un s'approche du chien et que celui ci ne veut pas établir de contact, ou quand il perçoit l’approche comme instable ou inquiétante. Quand il m’arrive de rencontrer un chien qui adopte cette attitude, je ne l’oblige surtout pas à accepter mes caresses ou à supporter mon regard, je me comporte comme s’il n’était pas là et j’attends qu’il fasse de lui même la démarche de venir vers moi. S’il ne la fait pas ? Qu’à cela ne tienne, il n’est pas forcé de venir établir une relation avec moi !

 

l’immobilisation : le chien peut s’immobiliser lorsqu’il ne se sent pas à l’aise dans une situation. C’est un comportement qui ressemble à la prédation : lorsque la proie court, le prédateur attaque. Si elle s’immobilise, il fait de même et attend le moment opportun pour attaquer. Lorsqu’il est en relation avec l’humain, le chien qui s’adonne à ce comportement peut ressentir de la peur (si on crie, si on est agressif, si on l’inquiète, s’il voit approcher un autre chien etc.) et a besoin d’adopter ce comportement pour se calmer.


Il peut aussi évoluer selon différentes séquences comme marcher lentement, puis s’arrêter, s’asseoir, attendre quelques secondes puis se relever, se coucher en tenant la tête bien droite (en sphinx), se relever et rester immobile, et ainsi de suite.

 

Approcher lentement, faire des mouvements lents : les chiens peureux, inquiets ou mal à l’aise peuvent utiliser ce mécanisme de défense qui a un effet calmant et rassurant. 
En approchant ainsi, le chien signifie qu’il ne vient pas chercher les problèmes, mais aussi qu’il est mal à l’aise et quelque peu inquiet.
Est ce que votre chien arrive vers vous très lentement lorsque vous l’appelez ? Si c’est le cas, interrogez vous sur le ton de votre voix. Est il strict ou colérique ? Cela peut l’inquiéter et il essaie peut être de vous calmer en avançant lentement vers vous. Avez vous déjà été en colère contre lui alors qu’il revenait ? Cela pourrait lui faire perdre confiance en vous. Observez le bien la prochaine fois que vous l’appelez, essayez de repérer d’éventuels signaux de sa part lorsqu’il s’approche et si nécessaire, changez votre façon de l’appeler….

 

se lécher la truffe: le chien a du mal à gérer une situation, il ne se sent pas très à l’aise. Il arrive que le « coup de langue » soit très rapide, presque imperceptible pour quelqu’un qui n’a pas l’habitude d’observer ce signe (utilisé par les chiens qui ont les poils devant les yeux, ou ceux dont la morphologie n’aide pas à identifier les mimiques faciales). 
Certains chiens le font tout en marchant.


Même exécuté de façon rapide, les autres chiens s’aperçoivent de ce signal et y répondent à leur manière.


Variante : se gratter, se secouer

 

avancer de biais : Certains chiens contournent lentement une situation qu’ils veulent commencer par évaluer, ils peuvent incliner légèrement la tête, s’approchant de biais en même temps que leur regard parcoure les lieux pour recueillir un maximum d’informations sur l’environnement intimidant. On peut le voir notamment lorsque deux chiens se croisent et qu’ils ne peuvent échapper à la promiscuité : ils vont essayer de s’écarter au maximum l’un de l’autre, se contourner, se jauger. Les humains ont tendance à vouloir « forcer » les chiens à faire connaissance en les amenant face à face, ce qui peut être très inquiétant pour un chien. S’ils ne sont pas en laisse, c’est donc de cette façon qu’ils s’approcheront l’un de l’autre, de manière à donner une information apaisante et à s’auto calmer devant une situation potentiellement inquiétante.


Certains chiens vont faire de grandes courbes en avançant lentement, et d’autres des petits écarts. La meilleure attitude est de laisser le chien libre de ses mouvements afin qu’il puisse établir la distance qui le rassure et le sécurise.


Si vous devez vous approcher d’un chien qui ne vous connaît pas ou qui est terrorisé, essayez d’adopter cette attitude apaisante, ne l’abordez pas de front, en face à face.

 

La position de l’appel au jeu : pattes antérieures au sol, le postérieur en l’air, le chien peut bouger une patte après l’autre. Certains individus très exubérants peuvent aussi japper, aboyer, gémir, sautiller sur place. Il s’agit d’une invitation à prendre part au jeu, pour calmer un humain en colère et signifier qu’il n’est pas une menace, pour prendre les devants face à un chien qui l’inquiète, ou lors d’une rencontre entre plusieurs chiens, pour signifier l’intention pacifique.

 

s’asseoir et/ou lever une patte : ce signal n’est pas le plus fréquent dans les signes d’apaisement, mais il est utilisé occasionnellement par certains chiens. Il peut être utilisé pour calmer un chien qui s’approche trop rapidement ou pour calmer son propriétaire qu’il perçoit comme en colère ou fâché.

 

renifler le sol : il peut renifler le sol tout en regardant devant lui ou sur le côté, à l’approche d’un individu ou d’un objet inconnu, dans les endroits bruyants et stressants, dans un groupe de chiens en évolution libre (sans être attachés), lorsque vous marchez dans la rue avec votre chien en laisse. Cette attitude ressemble à une activité de substitution (chez les humains, cela reviendrait à se ronger les ongles, jouer avec ses cheveux, faire de mots croisés […] tout ce qui peut distraire d’une inquiétude ou d’un stress) qui a pour but le rétablissement d’un confort intérieur. On le voit aussi beaucoup dans les groupes de chiots.

 

D’autre signes peuvent encore être évoqués, même s’ils se présentent moins souvent :
- le « sourire » : certains chiens montrent les dents comme s’ils souriaient
- le léchage des lèvres de l’humain ou des babines d’un autre chien
- Les battements de queue : sont utilisés pour exprimer les émotions, éventuellement calmer un autre individu perçu comme inquiétant
- uriner sous lui : associé à d’autres signes (se recroqueville, rampe vers son maître etc.), ce signal indique une forte émotion de peur. Il peut aussi sauter sur son maître et essayer de lui lécher les lèvres pour l’apaiser
- se tourner pour présenter son postérieur : Peut servir à calmer l’excitation des chiots qui gesticulent nerveusement.
- se coucher sur le dos en présentant son ventre : fréquemment interprétée comme une marque de soumission, cette attitude a aussi pour effet de montrer son intention non agressive et a un pouvoir auto apaisant

 

Vous connaissez maintenant un peu plus la signification de certaines attitudes des chiens. Pensez à les respecter et à adapter vos comportements en conséquence. Ne forcez jamais deux chiens à faire connaissance de face, laissez les évoluer à leur guise, et si vous sentez qu’ils n’ont pas envie de nouer un contact, respectez les et laissez les faire. L’idéal est de procéder sur un espace ouvert, assez grand, afin de leur permettre de rétablir une distance critique supportable, et éventuellement, de ne pas se croiser.

Si vous sentez que votre chien n’est pas à l’aise, ou que vous vous trouvez face à un chien qui adopte une de ces attitudes, n’hésitez à vous servir de ces signaux pour vous aussi, indiquer votre intention non agressive.